Réflexion d'un préventeur sécurité : L’organisation de la prévention en France : des pratiques assez floues
Mathieu lambrecht
L’organisation de la prévention en France : des pratiques assez floues
Parmi les 9 principes généraux de prévention, l’un se réfère directement à l’organisation de la prévention. Il s’agit du principe qui impose de « planifier la prévention » qui est sous titré ainsi : »Intégrer dans un ensemble cohérent la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l’environnement. » sic…
On peut comprendre avec une telle définition que les entreprises éprouvent des difficultés à rendre concrète leur démarche de prévention.
Les normes internationales, quant à elles, devant s’adapter à tout type d’organisation dans le monde, sont suffisamment souples pour autoriser toute sorte de modalités, sans donner donc une réponse précise.
Les 4 principes d’organisation de Dupont de Nemours :
1- Organisation sécurité intégrée : les comités de sécurité
Véritable colonne vertébrale du système Dupont de Nemours, les comités de sécurité permettent de faire circuler informations et décisions au travers de toute l’entreprise et d’organiser la mise en oeuvre des plans d’actions.
Ces comités sont organisés et animés par l’encadrement.
2- Responsabilité de la hiérarchie
La présence d’une personne s’occupant de la prévention est obligatoire (depuis peu) dans toutes les entreprises. Cette présence a pour effet dans nombre d’entres elles de déresponsabiliser l’encadrement, chacun pensant que le « préventeur » est le responsable de la sécurité.
Pourtant il est bien clair que la responsabilité revient à ceux qui ont « autorité », « compétences » et « Moyens » et le préventeur ne peut être dôté de l’autorité sur les équipes, celles ci ne pouvant être placées sous deux autorités distinctes : celles de leur chef pour la production et celles du préventeur pour la sécurité.
Dupont de Nemours rappelle donc, comme le fait le législateur, que la sécurité revient à l’encadrement mais lui donne également des missions claires : rédaction des règles de sécurité, formations des salariés, animation des réunions de sécurité, audits, enquêtes accident…
3- Support des professionnels HSE
Et oui, contrairement au législateur, le système Dupont n’oublie pas les préventeurs (autre que IPRP ou médecin du travail). Ceux ci ont un rôle clair d’analyse des risques, de coordination des actions, d’information, de relations avec les autorités.
4- Motivation progressive
Si les hommes constituent l’élément le plus important de la démarche, il faut prévoir, dès l’organisation, les motivations nécessaires pour obtenir leurs contributions.
L’une de ces sources de motivation est l’usage de la sanction, démarche difficile à mettre en oeuvre et rarement mise en pratique par les entreprises sur les thématiques de sécurité. Pourtant, les juges au pénal aiment à rappeler « qu’en matière de sécurité vous avez obligation de vous faire obéir ».
Pour cela Dupont prescrit une échelle allant de la formation initiale, au coaching puis passant par une échelle de sanctions pouvant rapidement déboucher sur le licenciement.
Conclusion :
La mise en oeuvre d’une démarche « à la dupont » n’est pas une démarche floue et imprécise. Chacun, dans ce genre de système, sait ce qu’il a à faire…
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