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Articles avec #nacelle

Harnais et nacelle élévatrice : Doit-on être équipé d’un harnais lorsqu’on travaille dans une nacelle élévatrice ?

24 Mai 2016, 08:00am

Publié par VASSEUR SANDRINE

Cette question se pose régulièrement.

L’ambiguïté vient du fait que la réglementation est différente d’un pays à l’autre. En effet, bien que le « panier » soit systématiquement ceinturé de garde corps pour éviter les risques de chute, l’Angleterre, le Canada et les USA imposent le port du harnais dans une nacelle. Celui-ci doit être relié à un point d’ancrage prévu sur la nacelle.

En toute logique, l’opérateur doit rester dans sa nacelle et n’a pas à sortir du panier. Le port du harnais ne se justifie donc pas.

La seule situation pour laquelle le port du harnais pourrait se justifier est lorsque la nacelle est un moyen d’accès à un poste de travail. Dans ce cas, on prend la précaution, une fois arrivé à son poste de travail, d’accrocher sa liaison antichute sur un élément de structure du bâtiment suffisamment résistant et non pas sur la nacelle qui pourrait alors basculer en cas de chute de l’opérateur !

LA CRAM Rhône Alpes expose le même point de vue sur cette question. « Il n’existe pas de réglementation sur le port du harnais dans les PEMP (Plates-formes Élévatrices Mobiles de Personnel).

Les 3 organismes de prévention de la région Rhône Alpes (CRAM, OPPBTP et Inspection du travail) ont adopté une position commune qui consiste à dire que le port du harnais dans une nacelle n’est pas obligatoire.

En effet :

- La nacelle est un équipement de protection collective en elle-même. Il n’y a pas lieu dans ce cas de rajouter un EPI,

- Si 1 salarié est amené à quitter la nacelle pour exécuter sa tâche, c’est que celle-ci n’est pas adaptée et qu’elle n’est pas le bon équipement de travail.

- les PEMP ne sont pas conçues pour retenir un homme qui viendrait à chuter et qui serait attaché à la nacelle, surtout si celle-ci est fortement déployée !!

Seul le fabricant de la nacelle peut imposer le port ou non d’un EPI. Ceci doit être clairement indiqué dans la notice d’utilisation.

Ce problème est récurent, 

nous l'avions déjà évoqué en juin 2008 .....   ICI

EPI anti chute et directive machine : 

Les plates-formes élévatrices mobiles de personnel (PEMP) construites depuis le 1er janvier 1997 doivent répondre aux exigences de la directive « Machine ».

Le fabricant de cet équipement doit donc, dans sa notice d’instructions, fixer les conditions d’emploi de l’équipement. Il peut donc prévoir que les utilisateurs de la nacelle portent un harnais de protection contre les chutes de hauteur.

Dans ce cas, il doit également définir la liaison à mettre en œuvre entre la nacelle et le harnais (nature et longueur de la longe, avec ou sans dispositif amortisseur). Il doit également prévoir le point d’ancrage sur la nacelle (point d’accrochage de la longe) et calculer celui-ci en fonction des efforts devant être repris.

La norme (NF EN 280, Plates-formes Elévatrice Mobiles de Personnel), qui donne présomption de conformité aux exigences de la directive « Machine », ne prévoit pas l’utilisation du harnais. Il faut donc que les instructions du fabricant soient très précises sur l’utilisation du harnais. Sur le plan de la prévention, la protection contre la chute de hauteur est assurée, dans la norme NF EN 280, par :

— une plate-forme de travail avec garde-corps périphérique d’une hauteur au moins égale à 110 cm pour prévenir le risque de chute depuis la nacelle,

— un dispositif de sécurité, qui limite les mouvements de l’appareil, afin de garantir la stabilité de l’ensemble. Ce dispositif, limiteur de moment de renversement, permet de prévenir le risque de renversement de l’ensemble.

Compte tenu des prescriptions techniques retenues dans la norme, le port du harnais n’est pas nécessaire pour utiliser une PEMP en toute sécurité.

Par contre si le fabricant le préconise, l’opérateur de la nacelle est tenu de le porter. Les dispositifs de protection individuelle contre les chutes de hauteur peuvent être classés en deux catégories : les dispositifs de retenue et les dispositifs d’arrêt des chutes. 

 

 

1 – Les dispositifs de retenue Ceux-ci sont constitués d’une longe. Ils ont pour finalité de limiter les mouvements de l’opérateur dans la nacelle, en l’attachant au point d’ancrage prévu par le constructeur. L’opérateur ne pourra donc pas s’élever dans la nacelle. Il sera donc toujours protégé par le garde-corps périphérique. Pour cette solution, la longueur de la longe doit être très précise et ajustée à chaque opérateur. Cette solution limite les mouvements possibles de l’opérateur.

2 – Les dispositifs d’arrêt des chutes Les dispositifs font l’objet d’une série de normes harmonisées donnant présomption de conformité à la directive « « Equipements de protection individuelle », ils ont pour finalité de limiter les effets d’une chute de hauteur à celle d’une chute de 1 mètre. Avec un tel équipement, par exemple longe de 2 mètres avec absorbeur d’énergie, la chute ne serait pas empêchée mais ses effets atténués. Cette solution est dangereuse sur les PEMP pour les raisons suivantes :

 

— l’appareil n’est pas calculé pour supporter les effets d’une chute, il pourrait donc se renverser lors de la chute de la personne,

— la résistance du point d’ancrage doit être calculé suivant la norme EN 795, et être capable de reprendre 2000 daN,

— le tirant d’air nécessaire lors du fonctionnement de l’absorbeur d’énergie est important, il faut une hauteur libre de 6 mètres sous le point d’ancrage. Lorsque l’opérateur, comme nous le préconisons, reste en appui sur le plancher de la nacelle ; il n’est pas utile de porter un équipement de protection individuelle dans une PEMP.

Pour les opérations exceptionnelles où l’opérateur est obligé de quitter la plate-forme de travail (ex. montage de charpente métallique), il faut envisager un équipement de protection individuelle. Dans ce cas, il est recommandé que l’opérateur attache l’équipement de protection individuelle à une structure extérieure à la nacelle. Cette opération comporte des risques, elle doit donc être préparée, et le point d’ancrage doit être défini au préalable. 

ECHOS TERRAIN :  LOXAM 

Utiliser un harnais sur une nacelle élévatrice : une sécurité supplémentaire en cas d’accident

ECHOS TERRAIN :  ECHELLE EUROPEENNE

 

Quelques textes reglementaires et recommandations : 

 

IPAF

INRS 

www.carsat-nordpicardie.fr

 

Le port du harnais aurait pu leur sauver la vie ; accident de renversement de nacelle ayant entraîné la chute de l'intervenant, malheureusement mortelle la plupart du temps

 

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EPI sur NACELLE

20 Juin 2008, 18:57pm

Publié par VASSEUR SANDRINE

Pourquoi utiliser un harnais et un absorbeur d'énergie lorsqu'on travaille dans une nacelle ?


"extrait"  Jean Arteau, ing., Ph.D.




Une réponse simple

Parce qu'il y a un risque de chute de la nacelle.

Mais il y a un garde-corps, alors où est le risque de chute?

Bien que le garde-corps empêche la chute de la plate-forme vers le sol, un deuxième risque de chute subsiste soit l'éjection de la nacelle causée par le fouettement du bras articulé.


Une explication

Le bras articulé et la plate-forme constituent un système de positionnement et sont suffisants pour se placer à la bonne hauteur et travailler en ayant les deux mains libres (positionner) (figure 1). Un premier risque de chute existe, soit la chute de la plate-forme vers le sol; le garde-corps empêche cette chute (figure 2). Un deuxième risque de chute est également présent, soit l'éjection de la nacelle suite au fouettement du bras articulé, particulièrement important avec les bras de grande portée. Il faut alors utiliser un système d'arrêt de chute qui arrêtera la chute s'il y a éjection (figure 3). Le système d'arrêt de chute est constitué d'un harnais, d'un absorbeur d'énergie, d'une longe ou d'une longe rétractable, attachée à un point d'ancrage identifié sur la nacelle.

 


Figure 1 - Le bras articulé et la plate-forme constituent le système de positionnement.

 


Figure 2 - Le garde-corps empêche la chute de la plate-forme vers le sol.

 


Figure 3 - Le harnais, l'absorbeur d'énergie et la longe arrêteront la chute s'il y a éjection de la nacelle.

Plusieurs événements peuvent causer ce fouettement du bras articulé de la nacelle:

- la réaction du bras à une action d'un travailleur qui pousse ou qui tire sur quelque chose;

- le véhicule ou un stabilisateur est heurté par un deuxième véhicule en mouvement lorsque le travail est exécuté en bordure d'une rue ou d'une route. 

"TOMBÉ DE SA NACELLE - Un employé municipal a été grièvement blessé hier matin en chutant d'une hauteur de 4 mètres lorsque la nacelle où il était juché a été percutée par un camion. Vers 9 h 40 hier matin, des employés municipaux procédaient à des réparations sur un lampadaire situé sur un terre-plein de boulevard . L'employé, un homme de 57 ans, a subi de graves blessures au crâne ainsi qu'une fracture du bassin. Il a été conduit à l'hôpital  où il reposait toujours, hier soir, dans un état critique mais stable."

Par ailleurs, des travailleurs ont déjà vécu cette situation mais le port d'un harnais et d'une longe a permis l'arrêt de la chute;

- la capacité portante du sol sous un stabilisateur est dépassée, le stabilisateur descend de quelques centimètres.

- le déplacement du véhicule qui supporte la nacelle est suivi d'un arrêt qui cause un fouettement; un accident récent a causé la mort d'un travailleur. 

«Il a demandé au conducteur de faire lever les stabilisateurs du camion et d'avancer d'une couple de pieds. Le mouvement du camion a déstabilisé la nacelle. Il ne portait pas son harnais de sécurité et il est tombé. Le camion a bougé alors qu'il y avait un homme dans la nacelle et que celui-ci n'était pas attaché. C'est contraire aux règlements.» Un incident semblable est survenu cependant cette fois, le travailleur est resté suspendu en dehors de la nacelle car il portait un harnais et une longe .

L'absorbeur d'énergie joue un rôle essentiel dans le système d'arrêt de chute car il réduit la force maximum d'arrêt qui s'applique sur le travailleur et sur le point d'ancrage. Sans l'utilisation d'un absorbeur d'énergie, la force maximum d'arrêt peut être de l'ordre de 10 à 12 kN; avec un absorbeur, elle sera réduite à 6 kN. Cette force étant appliquée au bout du mat articulé, le moment résultant (force multipliée par la longueur du mat) pourrait être considérable et causer le renversement de l'engin élévateur; ainsi la réduction de la force maximum d'arrêt empêche ce renversement de l'engin élévateur.


Une généralisation

L'explication fait appel aux concepts de positionnement, de prévention et d'arrêt de chute. Les systèmes qui en découlent se définissent comme suit: le système de positionnement est un moyen de suspension primaire qui maintient un ou plusieurs travailleurs à l'élévation désirée et leur permet d'avoir les mains libres pour exécuter une tâche. Par exemple, la ceinture et la courroie du monteur de lignes combinées aux éperons permettent à ce dernier de se maintenir en hauteur dans un poteau de bois et d'avoir les mains libres; qu'un éperon se désengage et c'est la chute. La plate-forme suspendue à deux câbles qui forme l'échafaudage volant est quant à elle un système collectif de positionnement.

Le système de prévention (limitation du déplacement) empêche le travailleur d'atteindre une zone où il y a un risque de chute; un harnais muni d'une longe fixée à un ancrage peut prévenir la chute si la longueur de la longe est plus courte que la distance entre l'ancrage et le vide; le garde-corps, moyen collectif de prévention, empêche la chute vers le sol des deux travailleurs présents sur la plate-forme d'un échafaudage volant.

Le système d'arrêt de chute entre en action lorsque la chute accidentelle survient, arrête le travailleur avant qu'il ne touche le sol et ainsi réduit les conséquences de cette chute accidentelle; le harnais, la longe et l'ancrage sont les composants d'un système individuel d'arrêt de chute alors que le filet est un système collectif d'arrêt de chute. Dans l'exemple de l'échafaudage volant, un deuxième risque de chute existe : c'est la faillite de l'échafaudage lui-même qui conduit soit à un déséquilibre, soit à la chute de l'ensemble au complet. Les causes en sont multiples: - rupture d'un câble porteur; - un frein qui lâche; ou - effondrement du parapet du toit sur lequel s'appuie une poutre de support. Les systèmes de prévention et d'arrêt des chutes font partie des systèmes de protection des chutes.


Conclusion

Lorsqu'on travaille dans une nacelle, il faut utiliser un système d'arrêt de chute parce qu'il y a un risque de chute par éjection. Le système d'arrêt de chute est constitué d'un harnais, d'un absorbeur d'énergie et d'une longe ou d'une longe à rappel automatique (enrouleur-dérouleur) le tout fixé au point d'ancrage identifié sur la nacelle. En effet, bien que le garde-corps empêche la chute de la plate-forme vers le sol, un deuxième risque de chute subsiste soit l'éjection de la nacelle causée par le fouettement du bras articulé. Plusieurs événements pouvant causer le fouettement et donc l'éjection ont été identifiés.

Les concepts sous-jacents à cette recommandation ont été précisés dans une classification des systèmes de positionnement, de protection contre les chutes, de prévention (limitation du déplacement), d'arrêt de chute et de recueil. Ces concepts sont largement appliqués dans plusieurs situations de travail en hauteur comme les échafaudages volants.


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